Mettre son produit sur le marché le plus vite possible pour savoir si quelqu’un est prêt à l’acheter.
C’est l’un des meilleurs conseils que Natalie Hanczewski ait reçus lorsqu’elle s’est lancée dans l’entrepreneuriat.
Pas de business plan à cinq ans pour commencer, mais un bon produit, des clients et beaucoup de « street smartness », cette capacité à apprendre vite, à se débrouiller et à trouver des solutions à mesure que les problèmes se présentent.
Natalie cofonde NV Gallery il y a dix ans avec l’ambition de proposer du mobilier design en direct-to-consumer. Elle n’est pas designer mais elle est passionnée par le produit et la création.
Dans cette première partie de notre conversation, nous avons décortiqué ce fameux 0 to 1 : comment créer son premier modèle, choisir ses quantités, prendre ses premiers risques et surtout apprendre de ses erreurs.
Comme cette première commande de meubles qu’elle fait livrer chez elle, avant de réaliser qu’il allait falloir les monter seule dans son appartement parisien.
Les premières pièces sont ensuite vendues sur Facebook. Les clients sont là et NV Gallery réalise 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires dès sa première année, tout en étant parfaitement rentable.
Dix ans plus tard, ce sont pourtant moins les chiffres de croissance que la discipline avec laquelle Natalie a construit l’entreprise qui m’a intéressée.
Car NV Gallery connaîtra des années atteignant jusqu’à 500 % de croissance, sans que Natalie remette en question l’un des apprentissages fondamentaux de ses débuts : celui du bootstrapping.
« Le bootstrapping apprend une discipline sur la gestion du budget, une discipline de rentabilité […] et ça, c’est fondamental pour la pérennité d’une entreprise. »
Pour elle, cette discipline ne doit pas disparaître lorsque l’entreprise grandit.
Elle devient même une culture de gestion qui se transmet aux équipes : maîtriser ses coûts, privilégier la rentabilité et protéger la solidité de la structure.
Cela n’empêche évidemment pas de devoir changer de vitesse. En 2018, NV Gallery réalise entre 5 et 6 millions d’euros de chiffre d’affaires et Natalie manage encore 25 personnes en direct (!). L’organisation doit se structurer et intégrer des profils plus expérimentés.
NV Gallery lève alors 5 millions d’euros, une décision qui ouvre une autre partie très intéressante de notre conversation : celle du financement.
Car avec dix ans de recul, Natalie pose très clairement les arbitrages derrière une levée de fonds. Ce que l’on vient chercher au-delà de l’argent, ce que l’entrée d’un fonds change dans les équilibres et le pouvoir, ce que l’on accepte de céder en matière de liberté, mais aussi les alternatives lorsque l’entreprise est rentable.
Dette ou equity, choix de ses investisseurs, négociation du pacte d’associés : autant de décisions qu’elle considère essentielles à étudier et à comprendre avant de lever.
Et qui racontent finalement la même philosophie entrepreneuriale que celle de ses débuts : savoir pourquoi on choisit un mode de financement et ce que l’on est prêt à céder en contrepartie.
Dans la seconde partie de notre conversation, Natalie reviendra sur ce que ces dix années lui ont demandé plus personnellement : entreprendre en couple puis traverser une rupture en restant associés, faire sa place de femme dans un univers encore très masculin et apprendre à prendre du recul sur l’entreprise que l’on a créée. Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de notre conversation.
Et en attendant, bonne écoute !
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