Dix-huit ans après avoir lancé La Revue de Kenza, son blog consacré à la mode, Kenza Sadoun El Glaoui est là, plus que jamais.
Créatrice de contenu et entrepreneure accomplie, elle a traversé les évolutions d’un métier qu’elle a contribué à faire émerger, aux côtés de quelques autres pionnières.
De la spontanéité des premiers blogs à l’exposition parfois violente des réseaux sociaux, elle raconte son parcours avec autant de légèreté que de transparence.
« Ma plus grande fierté, c’est de durer. »
Une longévité qu’elle accueille avec beaucoup de gratitude, sans jamais oublier le travail qu’elle a nécessité. Car si Kenza se considère comme privilégiée, elle sait aussi que rien n’est acquis et que rien n’arrive par hasard.
Mais au-delà de son parcours professionnel, c’est la femme qu’elle est devenue à 40 ans qui m’a particulièrement intéressée.
Kenza possède une assurance remarquable, qui n’a rien d’arrogant.
Elle connaît sa valeur, assume ses réussites, ses envies et ses ambitions, sans chercher à les minimiser ni à les imposer aux autres. Une confiance qui s’est construite au fil de son histoire, et notamment des épreuves qu’elle a traversées.
Elle raconte ainsi comment, après la disparition de sa mère et une séparation, alors qu’elle se retrouve seule à l’étranger avec sa fille, elle découvre sa propre capacité à faire face. Une période difficile, mais aussi fondatrice dans la manière dont elle se perçoit aujourd’hui. « Tu es une star ! », se dit-elle alors, et elle a bien raison !
Cette façon de s’auto-féliciter est incroyablement réjouissante. Pourquoi serait-il si difficile de reconnaître ce dont nous pouvons être fières ?
D’autant que Kenza n’a pas toujours entretenu ce rapport à elle-même. Élève moyenne, longtemps confrontée à la difficulté de ne pas obtenir les résultats espérés malgré ses efforts, elle a dû déconstruire l’idée que sa valeur dépendait de sa performance.
Aujourd’hui, elle préfère exploiter ses forces plutôt que de s’épuiser à corriger ses faiblesses. Une manière d’envisager la réussite qui ne remet pas en cause le travail ou l’exigence, mais qui leur redonne leur juste place.
À 40 ans, elle apprend aussi à s’accorder du temps. Après une trahison professionnelle et une importante perte financière, elle décide de se donner huit semaines pour aller mieux. Accepter de ne pas être immédiatement capable de rebondir, même lorsqu’on a l’habitude d’avancer.
Au fond, notre conversation interroge ce que le temps nous permet de gagner : une meilleure connaissance de soi, la liberté de choisir ce qui compte vraiment et, peut-être, la capacité à apprécier son propre parcours sans attendre la prochaine réussite.
Pour Kenza, le succès d’une vie, c’est d’être heureux. Une définition simple, mais qui prend une résonance particulière lorsqu’on connaît son histoire.
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