Investir dans l’art ne consiste pas uniquement à acquérir une œuvre. C’est entrer dans un marché dont les codes sont rarement explicités, et que l’on perçoit souvent comme inaccessible, voire réservé à une élite.
J’ai accueilli à mon micro Roxane Dumonteil, conseillère et courtière en art, pour décrypter ce marché et en comprendre les ficelles afin d’investir avec discernement.
Son regard s’est formé très tôt. Enfant de la balle, elle a grandi dans un environnement où l’art n’était pas à distance, mais intégré au quotidien. « J’ai un rapport libre et débridé à l’art grâce à mon éducation, car il n’était pas tenu à distance. »
Ce point de départ dit quelque chose d’essentiel : l’entrée dans l’art commence toujours par une sensibilité. Mais dès lors que l’on parle d’investissement, elle doit s’accompagner d’une compréhension plus structurée.
Car le marché de l’art ne repose pas uniquement sur l’intuition. Il est organisé, avec ses intermédiaires, ses mécanismes de validation et ses logiques de valorisation.
Les galeries y jouent un rôle clé. Elles agissent comme de véritables agents au service des artistes qu’elles représentent : elles sélectionnent, accompagnent, financent, et construisent des trajectoires en inscrivant les artistes dans un écosystème — collections, institutions, visibilité.
Autrement dit, elles participent directement à la création de valeur.
À partir de là, la question n’est plus seulement de savoir si une œuvre plaît, mais de comprendre ce que l’on achète réellement.
Car si l’appréciation de l’art reste profondément subjective, le marché de l’art fonctionne, à bien des égards, comme n’importe quel autre marché, avec ses indicateurs et ses dynamiques d’offre et de demande, tout en conservant une part irréductible d’incertitude.
C’est ce qui le rend exigeant, mais aussi particulièrement intéressant.
Tout dépend alors de l’intention du collectionneur : acheter pour vivre avec une œuvre, ou investir avec une logique de valorisation. Les deux ne s’opposent pas, mais imposent des lectures différentes.
Enfin, un mouvement de fond fait aujourd’hui évoluer ce marché : la place croissante des femmes en tant qu’investisseurs.
Elles représentent désormais près de 40 % des acheteurs, avec une progression significative ces dix dernières années. Au-delà du chiffre, c’est leur manière d’investir qui transforme l’écosystème : plus indépendantes dans leurs décisions, elles soutiennent aussi des artistes moins installés, là où des approches plus traditionnelles privilégient des trajectoires déjà sécurisées.
Ce déplacement a un impact direct sur le marché, sur les artistes qui émergent, et sur ceux qui sont soutenus.
Investir dans l’art ne consiste donc pas seulement à suivre des tendances ou des indicateurs. C’est aussi, à son échelle, participer à la construction de ce qui fera valeur demain.
« L’art est là plus qu’il n’est essentiel, il est indissociable du monde. »
🎧 L’épisode #60 est disponible sur toutes les plateformes d’écoute.
Merci à la galerie By Lara Sedbon de nous avoir accueillies pour cet enregistrement.
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