Trente ans de carrière dans l’industrie cosmétique, des postes de direction, des environnements exigeants, une trajectoire construite dans le temps long, qui force le respect.
J’ai reçu à mon micro Stéphanie Eyherabide, Chief Operating Officer des Laboratoires de Biarritz.
Son parcours est, malgré les apparences, emblématique d’un paradoxe encore trop peu interrogé : que deviennent les femmes de plus de 50 ans dans les grandes organisations ?
La cosmétique est une industrie très majoritairement féminisée dans ses effectifs. Et pourtant, plus on monte dans la hiérarchie, plus les femmes se raréfient. Elles laissent place à des profils masculins, souvent moins présents dans les fonctions opérationnelles ou intermédiaires.
Ce décalage est particulièrement visible dans ce secteur, mais il dépasse largement ses frontières. Il dit quelque chose de plus structurel sur la manière dont les carrières féminines sont projetées, ou au contraire, cessent de l’être.
Dans cet épisode, Stéphanie revient avec beaucoup de clarté sur la difficulté réelle, pour les femmes, de continuer à être perçues comme pertinentes et adaptées passé un certain âge.
Non pas en raison d’un manque de compétences ou d’engagement, mais à cause de stéréotypes persistants, parfois formulés sans détour : trop chères, pas assez digitales, moins agiles. Des raccourcis qui laissent peu de place à l’écoute du parcours, à l’expérience accumulée, et à la valeur stratégique de ces trajectoires longues. Le principe même de la discrimination.
La maternité, dans son récit, n’est qu’un exemple parmi d’autres. Un moment révélateur d’une logique plus large : des carrières féminines qui se heurtent à des plafonds mouvants, rarement nommés comme tels, mais bien réels. Les opportunités se font plus rares, les projections s’arrêtent, sans décision franche, sans discussion ouverte.
L’un des points les plus justes de notre échange concerne la notion de valeur. Dans beaucoup de grandes entreprises, l’âge reste perçu comme un risque lorsqu’il s’agit des femmes, là où il demeure un capital chez les hommes. Or, une organisation solide est une organisation capable de faire coexister plusieurs générations, plusieurs profils, plusieurs formes d’expérience. Non par principe, mais par intelligence collective.
Un échange lucide et nécessaire sur l’âge, la valeur, et les règles implicites qui continuent de structurer les trajectoires professionnelles des femmes.
🎧 L’épisode #55 du BWP Podcast est disponible dès à présent sur toutes les plateformes d’écoute.
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Merci à l’Hôtel Barnett pour son accueil.
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